Ministre en Algérie

mohand's picture

 


 

Le ministre répond


Par : Rédaction de Liberte  28 Novembre 2011

 

La dernière sortie de l’évêque d’Alger au sujet de la pratique des religions autres que musulmane a fait réagir le ministre des affaires religieuses et des waqf qui a tenu à rappeler qu’il n’était pas du ressort de l’évêque de remettre en question les lois de la République algérienne. La loi sur la protection des minorités religieuses reste du ressort de l’État. Selon le ministre, il y a des non-dits derrière cette question car “le plaignant algérien qui est parti de Tizi Ouzou à Oran pour vouloir embrasser une autre religion que l’islam ne l’a pas fait fortuitement. Il y des intérêts en jeu. Mais il faut s’en tenir au respect de la loi et cette dernière est au-dessus de tous”.

 

A. F. 

 

Ma première réaction a d'abord été de dire passons ! Ce n'est pas là le premier « écart » qu’un ministre aura commis dans ce pays. Nous en avons vu de nombreux. Par exemple, un premier ministre qui concède des places publiques à un mouvement insurrectionnel[i]. Ce qui ne l'empêche pas, aujourd'hui, d'être sur la liste des présidentiables. Ou encore, le cas d'un autre, sous le gouvernement duquel 120 Algériens ont été assassinés[ii], sans que cela ne le dispense de prétendre aux plus hautes fonctions.

 

Nous avons aussi connu des ministres qui ont été jusqu'à l'appel au meurtre[iii]. Forgeant des concepts tels « laico-éradicateurs » pour désigner des cibles à l'islamisme assassin. Il y a eu d'autres, à la tête d'institutions importantes, qui ont été confondus sur la place publique pour intelligence avec des forces étrangères[iv]. Ou encore, certains, qui ont géré leur secteur au service d’intérêts de puissances mondiales[v] ; les déclarations de ses successeurs ne cessent d'illustrer l'étendue des tords et des atteintes qu'il a causé à l'économie de notre pays.

 

Pas même la pire des injustices, celle d'emprisonner injustement des milliers de cadres gestionnaires[vi], ne constitue une casserole suffisante à mettre son auteur hors du jeu politique. Les cas sont légion, tous aussi graves les uns que les autres. Alors cette énième bavure du ministre du culte…

 

Mais, justement, n'est-ce pas là la pire des réactions ? Parce que la répétition de ces transgressions de la noble mission du politique, se nourrissent de cette banalisation. Il faut donc relever chacune de ces atteintes, la dénoncer avec vigueur et refuser toute tolérance.

 

Le chef du clergé officiel s'offusque de la prise de parole de l'évêque d'Alger et lui lance une mise au point où sa loi sur « les cultes non musulmans » supplante et viole la loi fondamentale. Quel besoin ce monsieur avait-il de préciser la région d'origine de SIAGHI KARIM ? Quels « intérêts occultes », que le ministre dit deviner, pourraient déchoir ce citoyen de son droit absolu d'établir résidence en tout point du territoire national ? Quels sont ces intentions « machiavéliques » qui restreindraient, aux yeux du ministre, le plein droit de cet Algérien à la libre circulation sur le territoire ? Quelle différence y aurait-il à ce que M. SIAGHI embrasse une autre religion que l'islam à Tizi-Ouzou à Oran ?....

 

Lorsque Ghoulamellah, en appelle au respect de la loi, on pourrait se dire qu'il se réfère à la loi dans sa plénitude et son intégralité. C'est l'illusion à ne pas avoir. Il ne se réfère qu'à l'une de ces lois- cheval-de-Troie que la cohabitation islamo-nationaliste a secrétées depuis le code de la famille de 1982. Ces lois sont autant de brèche, de fissures transversales, qui affaiblissent le cadre constitutionnel et compromettent l'édifice républicain. Elles sont la couche de propreté sur laquelle se réalise la théorisation de l'État.

 

En une phrase, qui se voulait une mise au point au représentant de l'église catholique en Algérie, le ministre du culte révèle, sans laisser la place au moindre doute, l’étendue de son opposition à la constitution de la république. Il éclaire les non-dits de sa politique de Néo-islamisation de la Kabylie,  qui serait dans son esprit le foyer de la chrétienté  dans ce pays. Cette néo-islamisation qui scelle et met en œuvre une Sainte alliance entre le clergé officiel et celui des islamistes du fis.

 

En Algérie, dès lors que l'on est dans une position de pouvoir, il n’en coûte absolument rien de se situer hors du cadre constitutionnel. Le tout est de rester dans les limites des intérêts du système. Un système qui squatte la république. Et qu’il faudra urgemment déloger



[i] Mouloud Hamrouche

[ii] Ali Benflis

[iii] Bélaid abdeslam et son ministre de l’intérieur Hardi.

[iv] Abdelaziz Belkhadem

[v] Chakib Khelil

[vi] Ahmed Ouyahia

Tags: 

Notation: 

No votes yet

Add new comment

Filtered HTML

  • Web page addresses and e-mail addresses turn into links automatically.
  • Allowed HTML tags: <a> <em> <strong> <cite> <blockquote> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Lines and paragraphs break automatically.

Plain text

  • No HTML tags allowed.
  • Web page addresses and e-mail addresses turn into links automatically.
  • Lines and paragraphs break automatically.
CAPTCHA
Accès réservé aux humains.
2 + 5 =
Solve this simple math problem and enter the result. E.g. for 1+3, enter 4.