Hamid*, l'ange ravi aux miens.

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Hamid*, l'ange ravi aux miens.
Hamid*, l'ange ravi aux miens.Hamid*, l'ange ravi aux miens.

Hamid, l'ange ravi aux miens.

Trop tôt pour partir…

Hamid mon cousin, mon grand frère est parti.

Les plus grands combats ne sont pas les plus bruyants. Ils sont des combats d’une telle simplicité qu’ils passent inaperçus aux yeux du grand nombre. Hamid avait une pratique de la modernité dépouillée de fanfaronnade. Il a toujours entendu vivre sa vie et l’a fait sans concession. Ce qu’il concevait pour lui-même il le respectait naturellement pour les autres. Il a bravé épreuves et tabous ; surmonté écueils et difficultés. Il a toujours croqué la vie à pleines dents. Vivant la sienne sans se soumettre, sans compromissions. Il a toujours été ouvert et compatissant avec les autres sans avoir le moindre jugement ou regard sentencieux. C’était un homme libre et un éducateur.

 

Je ne me souviens pas qu’il ait eu une altercation avec quiconque. Pas même lors de ces passionnantes parties de foot qu’il aimait à disputer. Toujours aimable, la distance qu’il mettait dans ses rapports le protégeait autant lui que les autres. Son mérite est d’autant plus grand que toute sa vie s’est déroulée dans un village enclavé, un village accroché à une ligne de crête des hauteurs de Kabylie : Ighil Bougueni.

 

Hamid était aussi un chasseur passionné. Il prenait part à des battues, mais préférait par-dessus tout la chasse à l’affut. Avec ce qu’elle implique d’isolement et de concentration de « retrait du monde ». Elle était pour lui un moment de plénitude et de ressourcement. Après une journée de travail à l’école du village, dont il était devenu le directeur au terme d’une longue carrière, il partait passer, dans le voisinage du village, quelques heures de communion avec la nature.

 

Hamid était respecté par ses ainés pour son courage et sa correction. Il était un pionnier considéré avec révérence par les jeunes loups que nous étions, dans les années 1980 – 1990, pour la façon tranquille avec laquelle il a cassé les tabous qui condamnaient l’amour, l’indépendance et l’affirmation de l’individu. Il avait le génie d’une force tranquille capable de se réaliser sans s’aliéner les autres.

 

C’est un être exceptionnel qui est parti. Il part trop tôt certainement du fait d’un mauvais diagnostic. Aujourd’hui, là où la médecine est performante, on ne meurt plus d’un infarctus aussi facilement.

 

Je sais la douleur des siens inconsolable, son épouse, ses enfants, ses sœurs, ses frères. Je sais la blessure de ses pairs profonde, H’mimi, Larbi, Oulhadj, Mouloud,… Mes amis, qui le regardaient avec admiration, Lounis, Said, Bouzid,… je les sais ébranlés. Tous ceux qui l’ont eu comme éducateur ne peuvent que le pleurer.

 

La mort a toujours un goût d’amertume, aujourd’hui qu’elle ravit un ange, elle n’est qu'injustice.

 

*Hamid Bakir, né en 1954, décédé ce jour d'un infarctus à l'hopital de Tizi-ouzou.

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