July 2014

Le monolithisme de l’État Algérien à l’épreuve du pluralisme de la société

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Professeur Abderrezak Dourari, université Alger 2/CNPLET



«(…) la conception quasi mystique du «corps» souverain de la nation fait naître un peu partout le «problème des minorités» : ceux qui ne parlent pas la même langue ou ne pratiquent pas la même religion à l’intérieur d’une «nation» sont ainsi transformés en un «corps» étranger, une «minorité» regardée avec suspicion.»
(George Corm, La question religieuse au XXIe siècle, p.49)
 
A Dourari



Dans Ghardaïa vivent globalement deux communautés algériennes, l’une d’origine arabe (Banu Sulaym) et l’autre mozabite, d’origine amazighe zénète. Si la première est venue dans le cadre de l’invasion hilalienne du Maghreb au XIe siècle sous l’instigation du califat fatimide du Caire, la deuxième est autochtone. Les deux communautés sont musulmanes puisqu’on n’entend plus parler de la petite communauté juive qui y vivait. La première est sunnite malikite sous l’influence grandissante du wahhabisme ambiant dans le monde islamique d’aujourd’hui, alors que la deuxième est ibadite. La première a pour langue maternelle l’arabe algérien et la deuxième parle le tamazight mozabite. La première vit essentiellement de bédouinisme ; la deuxième est plutôt sédentaire et s’adonne à l’agriculture (culture du palmier dattier et maraîchère), au commerce et à quelques industries. Ces deux communautés, algériennes, différenciées par l’origine, le rite, la langue et le mode de vie, ont vécu côte à côte depuis des siècles. Même si l’on observe très peu de rapports matrimoniaux entre eux et l’existence d’espaces propres à chaque communauté (des villes proprement mozabites ou proprement arabophones), des espaces de contact urbains (l’école, l’université, les moyens de transport aérien et routier, l’hôpital, les places commerciales, l’administration locale…), mais aussi les échanges économiques, commerciaux et… le chômage, la malvie, et le sentiment d’abandon par l’Etat, les réunissent.

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Palestine – Israël : De quelques évidences à rappeler.

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Samy Oussedik
Par Sammy Oussedik(*)

En ces moments où un déluge de fer et de feu continue de s’abattre sur Ghaza, il serait bon de dépasser cette émotion, certes légitime, qui nous étreint. Cette émotion, amplifiée à l’extrême par les réseaux sociaux, nous empêche de penser et d’agir.

Or, aujourd’hui, et plus que jamais, il convient de faire un pas de côté et de convoquer la raison. Renouons avec cette raison qui était au coeur de la pensée d’Ibn Roshd, d’Ibn Sina ou encore d’Ibn Haytem et de bien d’autres. Faisons nôtre la profession de foi de Baruch Spinoza, immense philosophe chassé de sa communauté dès l’âge de 21 ans, qui proclamait «sa passion de la Raison». Face au conflit palestino-israélien, la Raison doit s’exercer. Cela passe d’abord par la prise en compte et l’analyse de la réalité, de ses causes et de ses effets. Loin d’un quelconque romantisme révolutionnaire qui ne fait que tenter d’atténuer notre mal-être et satisfaire nos égos… et, hélas, n’a aucun effet sur les souffrances qu’endurent les Palestiniens, non pas depuis dix jours mais depuis des décennies. C’est aussi, en la matière, «penser contre soi». Cela signifie de passer au crible de la raison critique nos préjugés, nos pensées, nos (in)actions mais aussi nos lâchetés… Alors, de cette réalité, j’en retire quelques évidences qui, je l’espère, nous éclaireront sans nous aveugler.

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