Arezki Ait-Larbi : Les islamistes prennent la main.

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Algérie : Ils ont conforté leur position de pivot de la vie politique.
Arezki Aït-larbi
Correspondant de la Libre Belgique à Alger
 
Arezki Ait-Larbi
 
C'est une première. Alors que le pouvoir consulte ses clientèles pour la révision de la Constitution, l'opposition a organisé, mardi à Alger, une conférence « pour les libertés et La transition démocratique ».

Islamistes, nationalistes, démocrates, laïques, opposants historiques et notables du régime évincés du sérail ont fini par se retrouver autour d’une même table. Objectif : proposer des solutions à la crise qui a plombé le pays, notamment depuis la réélection chahutée, en avril dernier, du président Abdelaziz Bouteflika pour un cinquième mandat.

Malgré le consensus apparent sur des généralités comme la consécration du principe de la citoyenneté et de l'égalité devant La loi, la justice sociale et le respect des droits de l’homme et des libertés individuelles et collectives, la poussière des sujets qui fâchent est vite balayée sous le tapis.

Le statut de la femme, la liberté de conscience et de culte et les droits des minorités restent implicitement balisés par tes préceptes de l’islam. La conférence a d’ailleurs débuté par la lecture de versets coraniques.

L'Islam Incontournable

La veille de la rencontre, Abderrezak Mokri, chef des islamistes modérés du Mouvement de La société pour la paix (MSP. branche algérienne des Frères musulmans) et l'un des initiateurs de la rencontre avait fixé les règles du jeu : ces questions "ne sont pas prioritaires (...). En Algérie personne ne renie la religion car la majorité écrasante est musulmane (...). Il n'est plus question de parler de choses futiles, des différences des uns et des autres.

Devant l'impasse du régime et l'impuissance des démocrates, les islamistes radicaux du Front islamique du salut (FIS, dissous en 1992) reviennent en force, malgré leur division en plusieurs chapelles et leur part de responsabilité dans la guerre civile des années 1990.

Alors que le pouvoir avait pris langue avec l’émir Madani Merzag, l’ex-chef de l’Armée islamique du salut (AIS) amnistié en janvier 2002 après huit années dans les maquis, l’opposition a convié le cheikh Ali Belhadj à sa conférence. L'ancien numéro 2 du FIS et chef de file de l’aile dure des salafistes s'est fait représenter par l’un de ses compagnons qui a campé une posture victimaire, sans un mot de condamnation sur le terrorisme qui a fait plus de 200000 morts.

Trompe-l'oeil

Dans la recherche d'un consensus mou, le Rassemblement pour la culture et la démocratie, coorganisateur de la conférence, se retrouve piégé. Pour avoir embrassé les islamistes sans de sérieuses précautions, le parti laïc risque d'avaler son chapeau à la sauce halal, et d'être réduit à un rôle cosmétique.

En se ralliant à la démocratie réduite au seul verdict des urnes, les islamistes, radicaux et modérés, sont persuadés de ramasser la mise pour instaurer un Etat islamique, avec la charia comme loi fondamentale.

S'il est prématuré de prédire l'avenir de cette fraternisation en trompe-l’œil avec les Laïques, la conférence les a déjà confortés dans le rôle de pivot de La vie politique.

 

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