Je pleure, donc je suis... Algérien.

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EN Algérie 1982


Forger le fer tant qu’il est chaud est une expression consacrée. Alors, autant redire les choses tout de suite : Plus cette équipe « d’Algérie » avance, dans les éliminatoires de la coupe du monde de football, plus elle souligne l’étendue de notre naufrage national.

« Historique », un qualificatif qui va être sur toutes les bouches, qui va barrer toutes les unes. « Les couleurs Algériennes vont être hissées en huitième de finale » ; « Kasamen » va être entonné parmi les seize hymnes qui dominent le football mondial ;… mais, quel est cet être sensé qui affirmera que cela témoigne du véritable niveau de notre football ?

Rabat-joie ? Oui, certainement ! Mais, je le souligne, Rabat-fausses-joies.

Qu’importe le mensonge, seule compte l’ivresse ! « Les musulmans », « les arabes », « les Amazighs », « les Algériens » « se retrouvent en 1/8e de finale de la coupe du monde ! » Seul l’apparat semble compter ! L’équipe n’a rien à avoir avec notre football ? L’unanimité semble s’établir pour ne considérer que le « sang » des joueurs. Mais cette logique peut mener loin, à considérer ce critère « racial » comment considérer les Zinedine Zidane et Benzema et tant d’autres dont le « sang » est tout aussi algérien mais qui jouent pour d’autres couleurs qu’Algérienne ?

Les Slimani, M’Boulhi et autres noms de cette équipe réalisent une prouesse. Elle est à mettre au crédit de l’école du football français. Dans notre mémoire rentière d’algériens elle va se substituer aux exploits des Assad, Fergani et autres Cerbah. Les nouveaux « héros » sont déjà missionnés pour battre l’Allemagne et, semble-t-il, pour laver l’affront austro-germanique ? Comme si une démarche rentière et parasitaire peut laver l’affront fait au labeur et à l’effort. L’outrage perpétré, en 1982, avait atteint une Algérie capable d’imaginer une politique sportive qui embrasse et entraine toute sa jeunesse, une Algérie laborieuse qui a fait éclore de grands talents. Dans 72 heures, ce sont des jeunes issus de France qui vont tenter d’assouvir les appétits de glorioles de millions d’Algériens qui, en football comme en d’autres domaines, n’ont de réalisation que ce qu’achète et finance les dividendes de l’extraction pétrolière.
Il est loin ce temps où l’élan imprimé aux différents championnats de ligue, universitaire, civil ou militaire a secrété un vivier d’où sont sortis les Madjer, Belloumi, Larbès, et autres vedettes. Elle est loin cette dynamique nationale. Comment confondre l’actuelle équipe, produit secondaire de la réussite du foot Français, avec la glorieuse équipe de 1982 ? Oui, question « sang » la différence n’est pas à faire, mais 32 plus tard c’est le foot Français peut s’enorgueillir de sa double réussite, il se retrouve avec deux compositions aux 1/8 de finales, alors qu’en Espagne l’équipe victorieuse de l’Allemagne, nonobstant la traitrise des soigneurs de l’Est, étalait la réussite du foot algérien. Mais, dans cette ivresse collective, qui s’en préoccupe de cela ?

L’oligarchie en place va se gargariser de cette « prouesse » et nous la vendre sous tous les emballages. Alors, oui, je pleure, parce que Algérien j’assiste à des semblants qui célèbrent une grandeur usurpée et tentent de masquer une éperdue misère nationale. Nous y perdons tellement, jusqu’au respect de nous-même, alors, je pleure et je pleure, mais pas de joie.
 

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