Dr Rachid Tlemçani : Armée, Bouteflika et croissance économique

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Complexe militaro-industriel

Armée, Bouteflika et croissance économique

| © D. R.

«La guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires.» 
                                                     Georges Clemenceau (1841-1929).

Avant l’arrivée de Abdelaziz Bouteflika à la magistrature suprême du pays, l’industrie militaire était virtuellement inexistante en Algérie. Les quelques unités de production existantes produisaient des équipements militaires légers, sous licence, russe et chinois. Les capacités de production étaient très limitées. La dépendance  de l’importation était quasi-totale pour satisfaire les besoins croissants des militaires. Cette dépendance s’était faite sérieusement ressentir durant les années 1990. D’une part, l’Algérie avait beaucoup souffert durant cette période de la sous-évaluation de la menace islamique et terroriste, et, d’autre part, du déficit des équipements militaires en raison des restrictions sur les ventes d’armes décrétées par des pays occidentaux.

Le marché international des armes s’est brutalement ouvert au lendemain des événements du 11 septembre 2001. «La guerre contre le terrorisme», sous la houlette des Américains, a redynamisé le Complexe militaro-industriel mondial en veille. L’Algérie, à l’instar des autres pays du MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), a décidé d’investir massivement dans le secteur militaire et sécuritaire au détriment de la promotion de l’économie du savoir et de l’innovation et de la société civile. La politique du «tout sécuritaire» offre désormais aux fournisseurs étrangers un marché très florissant, administré par une grande opacité, source de commissions et rétrocommissions.

L’Algérie tente aussi d’augmenter ses capacités de production militaire, notamment en attirant des investisseurs étrangers. En revanche, ces derniers ne sont pas encouragés à investir dans les autres secteurs dans lesquels le capital privé, rentier et spéculatif, est devenu oligopoliste au fil de la crise sécuritaire.D’habitude silencieuse, «la grande muette» fait ces derniers temps de la médiatisation sur ses importations d’armes et sur son projet de doter le pays d’une industrie militaire. Cette industrie est supposée déclencher des effets d’entraînement sur la croissance économique du pays que les 600 milliards de dollars injectés dans la construction des grands travaux  n’ont pas  réussi à faire décoller.

En plus clair, l’Algérie a la prétention de se doter d’un Complexe militaro-industriel (CMI) performant à l’instar des BRICS. Le problème avec cette ambition démesurée, c’est qu’elle ne s’inscrit pas dans une nouvelle vision de développement économique et politique du pays. Au regard de la grande expérience égyptienne, par exemple, un CMI performant et concurrentiel n’a pas encore vu le jour. L’infitah a consolidé l’économie de prédation et de bazar au détriment d’une croissance économique forte et durable. Certes, l’Egypte fabrique aujourd’hui des arsenaux militaires mais elle n’est pas dotée pour autant d’une industrie militaire.

L’environnement intellectuel pour l’innovation industrielle est resté archaïque, sclérosé. Les libertés individuelles et collectives ne sont pas respectées. L’emprise de l’armée sur l’économie nationale s’élève pourtant jusqu’à plus du quart du PIB. Au plus fort moment de la crise en 2012, l’armée, une oasis, s’est payée le luxe de secourir l’Etat avec un prêt d’un milliard de dollars pour payer les facteurs alimentaires. L’Algérie  est-elle en mesure de mettre en place un CMI que l’Egypte n’ a pas réussi à construire en dépit d’une expérience dans la fabrication des armes datant des années 1950 ? Le volontarisme  politique est-il suffisant lorsque l’indice du capital humain est au plus bas de l’échelle de tous les classements internationaux ? Lorsque l’Algérie est classée en matière d’innovation industrielle à la 123e place sur 143 pays en 2014 ? Est-il possible quand la corruption gangrène les institutions du pays, phénomène ayant pris une nouvelle dimension précisément quand les militaires ont affiché une ambition de prendre en charge la croissance économique nationale ?  Est-il judicieux et rationnel de semer 6% du PIB sur des armes conventionnelles à l’heure des cyber-attaques et des nano-technologies ?   

Le complexe militaro-industriel et la Recherche et Développement

En dépit de sa formulation première par le président Eisenhower, le Complexe militaro-industriel caractérisé par une grande intégration intersectorielle entre l’armée, l’industrie, la technologie et la science est loin d’être exclusivement américain. Ce secteur est fait de l’ensemble des étapes permettant de passer du laboratoire à la production industrielle en usine. Il nécessite la mobilisation d’énormes capitaux, une élite qualifiée et de la persévérance.

La mise en place d’un CMI performant est le fer de lance du développement économique et politique, comme l’illustrent les pays du G5. Les pays du tiers-monde qui sont devenus des pays émergents dans les années 1990, comme les BRICS, ont réussi leur décollage économique à la faveur de la construction d’un CMI performant et concurrentiel. Toutefois, un CMI qui n’est pas soutenu  par un secteur de recherche et développement (R&D) dynamique ne peut être ni performant, ni concurrentiel. Les technologiques liées aux équipements militaires sont en perpétuelles transformations.

La R&D  constitue l’élément structurant des avancées industrielles et technologiques. Ni l’Etat sécuritaire et encore moins le secteur privé ne sont en mesure de concevoir une stratégie pour promouvoir la R&D. Ce secteur est jusqu’au jour d’aujourd’hui inexistant dans notre pays. Les   préconditions à son émergence ne sont pas réunies. Sans la présence d’un tel secteur, la mutation de la fabrication à l’industrie des  arsenaux militaires est illusoire, une chimère. La R&D dans le MENA existe seulement en Israël. Il ne faut pas alors se demander pourquoi les armées arabes n’ont remporté aucune victoire militaire.

Les unités de production militaire et sécuritaire

C’est au lendemain de la cooptation de Abdelaziz Bouteflika à la tête de l’Etat que l’Algérie a commencé résolument à investir dans le secteur militaire et sécuritaire, d’autant plus que les revenus pétroliers ont commencé à accroitre significativement. Les secteurs de la mécanique et du textile ont capté la part la plus importante de ces investissements.  L’Algérie s’est en effet engagée dans des partenariats industriels, commerciaux et technologiques très diversifiés. Tous les marchands d’armes se rencontrent à Alger, comme ce fut le cas des révolutionnaires dans les années 1960.

Toutefois, le partenaire traditionnel, la Russie, a réussi à capter la part du lion des dépenses militaires. En 2007, la DCIM (Direction centrale de l’industrie militaire)  dirige déjà plusieurs grandes entreprises de production. Enumérons quelques-unes : l’ECMK (Entreprise de construction mécanique de Khenchela), l’ERIS (Entreprise des réalisations industrielles de Seriana) et l’EHC (Etablissement d’habillement et couchage), et l’Etablissement de développement de l’industrie de véhicule (EDIV/Tiaret). L’ECMK a débuté la fabrication des armes légères, comme la kalachnikov, en réalité en 1990. 

A partir de 2002, elle fabrique d’autres armes, comme le fusil à pompe. Quant à l’ERIS, sa vocation principale est la fabrication de munitions, des grenades et des mines antichars. On fabrique également des outillages et les instruments de mesure, des appareillages pour les hôpitaux et des appareils paramédicaux. La Société commune algérienne de fabrication de systèmes électroniques (SCAFSE) avec les sociétés Aabar (Emirates arabes unis), Ferrostal et Rheinmetall fabrique aujourd’hui du matériel électronique (appareils de communication, radars…).

Cette entreprise est basée sur le site de l’ENIE de Sidi Bel Abbès. Un des accords avec ce consortium porte sur la modernisation et l’extension de la plate-forme de production de véhicules industriels de la SNVI, à Rouiba. Le premier camion made in Algeria, de marque Mercedes-Benz, est sorti de ce site en avril 2014. La capacité de production de cette usine  est estimée à 2000 camions  industriels.
Le Groupement de la promotion de l’industrie mécanique (GPIM) situé à Constantine, quant à lui, fabrique le véhicule blindé léger. Le groupe allemand Rheinmetall, en partenariat avec Ferrostal, ont signé en août  2014  avec l’Algérie  un autre contrat pour la construction d’une usine clef en main pour la production de 980 blindés Fuchs à Aïn Smara, à l’est du pays. Le MDN a aussi récupéré le projet Fatia qui devait aboutir à l’origine à la construction de voitures de marque italienne.

Plusieurs gouvernements avaient  annoncé dans le passé la sortie imminente de la «première voiture algérienne». Mais en vain. Il fut récupéré par l’ANP au même titre que d’autres usines. A la veille du 60e anniversaire du déclenchement de la lutte armée, cette usine située dans la wilaya de Tiaret fut inaugurée par le chef d’état-major de l’ANP. La production annuelle de cette usine est estimée à 6000 véhicules de type «Mercedes Spinter» destinés à tous les usages, et 2000 véhicules 4x4 à des usages militaires et paramilitaires.

La désindustrialisation des années 1980 et 1990 a conduit à la fermeture  de nombreuses entités de production et de commercialisation, notamment les unités de textile, de cuir et de chaussures, pour être privatisées. Très discrètement, l’ANP  les a rouverts après assainissement et mise à niveau. L’ANP, après avoir relancé l’usine de chaussures de Bou Saâda, a également repris les complexes textiles de Batna, Béjaïa, Draâ Ben Khedda (Tizi Ouzou), Tlemcen (Sebdou), Souk Ahras et de M’sila. L’ANP répond aujourd’hui à tous ses besoins en matière d’habillement et autres.

L’Algérie va dominer toutes les phases qui caractérisent l’industrie textile, à savoir la filature, le finissage et la confection. La culture du coton est prévue dans cette perspective. La production de la fibre synthétique  n’est pas absente de cette stratégie. Bref, le soldat algérien est aujourd’hui «habillé de la tête aux pieds avec des effets made in Algeria». L’ANP compte même exporter la surproduction. En revanche, le citoyen lambda s’habille en «made in China !»

Modernisation des forces navales et aériennes

Le MDN a aussi investi dans la modernisation et la professionnalisation des forces navales et aériennes. Un vaste plan de renouvellement et  de développement des flottes militaires sont lancées à partir des années  2006. La plupart des bâtiments d’origine soviétique datant des années 1980, obsolètes, sont remplacés par des technologies de pointe.
L’Algérie avait un retard à rattraper face au Maroc, semble-t-il. Le MDN dispose aujourd’hui de 9 frégates,  de deux sous-marins, deux autres sont en construction en Russie, et  d’autres arsenaux très sophistiqués.  L’armée de l’air n’est pas en reste. Elle modernise son matériel ainsi que son organisation, la formation et l’entraînement de son personnel. Cette modernisation doit être en phase avec les nouveaux enjeux géopolitiques et stratégiques ainsi qu’avec les nouvelles menaces réelles ou virtuelles.

 

L’Algérie est le pays qui consacre le plus de ressources financières au secteur militaire et sécuritaire en Afrique.

Le volume global des achats représente plus de 43% du marché africain. Selon le Sipri, les dépenses militaires sont passées, comme l’indiquent les chiffres suivant, de moins d’un milliard de dollars en 1988 pour atteindre les 10 milliards dans les années 2013. En 1988 : 0,716 milliard de dollars ; 1989 : 0,700 ; 1990 : 0,748 ; 1991 : 0,776 ; 1992 : 1,281 ; 1993 : 1,378 ; 1994 : 1,781 ; 1995 : 1,624 ; 1996 : 1,849; 1997, 2,224 ; 1998 : 2,352 ; 1998 : 2,352 ; 1999 : 2482 ; 2000 : 2,880 ; 2001 : 3,153 ; 2002 : 3,222 ; 2003 : 3,152 ; 2004 : 3,585 ; 2005 : 3,753; 2006 : 3,847; 2007 : 4,514 ; 2008 : 5,259 ; 2009 : 5,712 ; 2010 : 6,045 ; 2011 : 8,652 ; 2012 : 9,104 ; 2013 : 9,902. En constante augmentation, ces dépenses n’ont pas diminué ces dernières années en dépit de la baisse significative du prix du pétrole. Selon les prévisions de 2015, elles sont estimées à 13,1 milliards de dollars du budget national.

A cela il faut ajouter 6,95 milliards de dollars pour le ministère de l’Intérieur. Le budget pour ces deux départements ministériels a atteint 20,21 milliards, soit 32% du budget global. Il a même augmenté de 10% par rapport à celui de 2014. L’Education nationale, l’Enseignement supérieur et la Formation professionnelle ont eu respectivement, 9,45, 3,80, 0,64 milliards de dollars, soit 12,38% du budget national. Les dépenses militaires et sécuritaires représentent plus du double des dépenses allouées au capital humain et au savoir. Pour rappel, l’Algérie était classée, en 1999, au 27e rang des pays importateurs d’armes dans le monde. Elle est passée à la 24e place entre 2002-2006 et s’est hissée à la 8e place en 2014. Cette frénésie militaire est dépourvue de rationalité sécuritaire et de bonne gouvernance. Le terrorisme sous toutes ses formes n’a pas disparu pour autant. Le terrorisme résiduel est devenu un élément structurant les luttes politiciennes, tandis que la petite criminalité ne cesse d’augmenter à travers le pays.

La course au surarmement

La dernière décennie a été témoin d’un processus de militarisation du monde sur lequel la crise financière mondiale ne semble avoir eu qu’un impact limité, en particulier dans la région du MENA. Toutefois, cette évolution ne traduit pas les mêmes réalités dans les différentes régions du monde. Si l’Europe n’a accru ses dépenses que de 8,3% entre 2002 et 2011, le MENA a enregistré une hausse de plus de 80% au cours de cette même période. Les pays arabes demeurent la région où les efforts de défense en pourcentage du PIB sont les plus élevés au monde. Le Printemps arabe a encore consolidé cette frénésie alors que les pays de l’Otan ont commencé à réduire les dépenses militaires conventionnelles.

Une véritable militarisation est en cours au MENA, motivée par divers facteurs, tels que la sécurité intérieure ou la stabilité régionale. En dépit de ces énormes dépenses, les pouvoirs cleptomanes n’ont pas réussi à construire une industrie militaire. Ils sont toujours tributaires, pour leur sécurité interne et externe, des Occidentaux. Ils restent de gros consommateurs d’équipements militaires sophistiqués dont leur maintenance nécessite une assistance technique étrangère, très coûteuse. La course au surarmement entre l’Algérie et le Maroc est devenue très préoccupante ces dernières années. Elle est entrée dans un cercle vicieux, infernal. Une militarisation de plus en plus élevée produit un climat de suspicion et défiance.

Chaque Etat qui accroît son arsenal militaire crée un sentiment d’insécurité chez son voisin qui, à son tour, renforce ses capacités défensives et agressives. Remarquons que chaque élite politique souhaite être perçue par l’OTAN comme la première puissance militaire régionale et devenir éventuellement une pièce importante du dispositif sécuritaire euro-américain en Méditerranée et dans la région du Sahel. Les Algériens, prétentieux mais agités, sont très fiers de recevoir le statut de puissance régionale. Certes un conflit armé direct algéro-marocain est très peu probable aujourd’hui. Il n’est pas dans l’intérêt des pouvoirs prétoriens de transformer le conflit latent en conflit armé sur fond de tensions au Sahara occidental. La contestation populaire croissante dans les deux pays risque de compromettre une paix sociale très fragile.

En revanche, si demain un groupe de djihadistes venait à prendre le pouvoir dans un de ces pays, l’union sacrée scellée autour de lui conduirait à «l’union de sang». La mobilisation émotionnelle serait alors un prélude spectaculaire à l’ingérence humanitaire armée. Les deux armées dans ce conflit majeur se neutraliseraient l’une l’autre en provoquant de très lourdes pertes de part et d’autre. Certes, le risque des cyber-attaques en Algérie est actuellement minime. Le taux de pénétration d’internet reste très faible dans un pays où l’Etat dépense sans compter les deniers publics.

Les services électroniques (e-commerce, e-santé et e-administration) sont encore quasiment inexistants. Les entreprises algériennes fonctionnent encore avec des méthodes de gestion désuètes. Toutefois les récents arsenaux militaires très sophistiquées ne sont pas à l’abri de cyber-attaques. D’ici peu de temps, toute cette quincaillerie deviendra obsolète. On prévoit déjà de la remplacer à la faveur des revenus du gaz de schiste. Le pays aura, entre temps, une fois encore, raté le momentum de mettre résolument en place un processus de l’économie du savoir et de l’innovation et de la modernité.

En rétrospective, la cooptation de Abdelaziz Bouteflika a coïncidé avec la décision de doter le pays d’une industrie militaire. Cette décision fut prise sans consulter les acteurs économiques et encore moins les députés. La volonté politique assise sur un matelas de dollars est supposée être suffisante pour construire, du jour au lendemain, un CMI performant à l’image des pays développés. La part de l’industrie militaire dans le PIB est aujourd’hui estimée à 5%. Selon les estimations officielles, elle atteindra les 10% d’ici la fin du plan quinquennal (2014-2019). Elle comptera 25 000 emplois directs et 20 000 emplois dans la sous-traitance.

Sa participation dans la résorption du chômage restera finalement très faible puisque 200 000 étudiants sortent chaque année des universités et 500 000 stagiaires des CFP. L’industrie militaire, à l’instar de l’industrie pétrolière, est très peu créatrice d’emplois. Sa valeur ajoutée est insignifiante. Elle n’est pas en mesure, contrairement au discours officiel, de relancer la croissance économique du pays. En réalité, l’élite militaire tente de s’affranchir financièrement des politiques politiciennes, des nouveaux oligarques et des autres groupes de pression et d’influence. Elle pense toujours que la société lui doit une «dette historique» alors l’ANP et l’ALN-FLN sont deux entités distinctes.

Selon cette logique, il est donc légitime de s’approprier, avant tout le monde, une quote-part de la rente afin de s’émanciper éventuellement des luttes de sérail qui ont débordé sur la voie publique. Depuis la reconduction du président Abdelaziz Bouteflika à un quatrième mandat, des partis, dirigeants et personnalités politiques tentent de s’organiser en une opposition politique pour faire bloc contre le clan dominant auquel elle fut une clientèle loyale. Très étrange, l’opposition politique ainsi que les autres groupes ne semblent pas s’embarrasser de la nouvelle configuration institutionnelle et économique que l’armée est en train de mettre en place.

La lutte politicienne a tendance à prendre le dessus sur les véritables défis dont le pays fait face. Cette reconfiguration influencera pourtant considérablement les contours du nouvel ordre économique, sécuritaire et médiatique qui émergera dans l’après-Bouteflika. L’Algérie, dans cet ordre en gestation, ne sera pas un acteur majeur en dépit de la mise en place d’un puissant appareil militaire et sécuritaire mais un grand enjeu des convoitises occidentales et autres. 
 

Dr Rachid Tlemçani : Professeur en relations internationales et sécurité régionale. Université d’Alger
 
 
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