Evocation

La danse des morts et des survivants.

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Moh Achour, mon ami, mon frère;
Par Moussa Ait Ihaddadene
Achour
Moh Achour Belghazli
 

Voila parait-il dix neuf ans que tu es parti, dix neuf longues années pour ceux que tu chérissais, à apprendre à vivre sans toi.
Moi qui ne t'ai pas vu partir. Moi qui ne t'ai pas enterré. Moi qui n'ai pas vu pleurer les tiens. Moi qui n'ai pas chialé comme une madeleine à tes obsèques. Moi qui ne suis pas tombé dans les bras d'un camarade pour cacher mes larmes à Ghilas et Nazim.

Je suis là, agacé par tes doigts qui tambourinent sur cette maudite table d'une salle de rédaction et qui m'empêchent de me concentrer sur mon papier. Ah, si je savais que tu partais. Au diable mon papier, au diable cette table de rédaction, au diable ce journal, tambourine sur cette table jusqu'à ne plus sentir tes doigts. Ou tu sais quoi? J'irais chercher la derbouka de Rabah Khalfa. Je lui arracherais même sa chevalière pour que tu puisses enfin réaliser ces roulements magiques dont il avait le secret. Promis, je me moquerais plus de toi, je te crois sur parole, c'est avec sa chevalière qu'il les réalisait. Il y'a pas si longtemps, j'ai passé à Bastia un agréable moment avec lui après un concert de Idir. Sais-tu qu'il a réussi à captiver la salle avec sa derbouka sur une improvisation majestueuse mélangeant un chant corse et un autre kabyle du chanteur Kabyle et le célèbre groupe Corse Imuvrini.

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Ils se sont opposés au coup d’État !

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Bachir Hadj Ali - Mohamed harbi
Le 19 juin 1965, l’Algérie se réveillait sur une nouvelle configuration du pouvoir en place. Les chars étaient dans la rue, pourtant, cela signifiait-il un bouleversement politique ?
Le coup d’État du 19 juin 1965 était-il un renversement du régime ?  Non. S’agissait-il de la mise à l’écart d’un courant particulier ? Non. Alors, le simple éloignement d’un homme des centres du pouvoir ? Probablement. D’ailleurs ses propres promoteurs l’avaient baptisé « redressement révolutionnaire ».

Toujours est-il qu’il faut considérer la particularité de ce moment marquant des luttes claniques propres au pouvoir algérien. Il faut en retenir, notamment, la mise à mort de la constitution du Majestic, celle de 1963. Quatorze années durant, de 1965 à 1977, Boumediene et ses compères du « conseil de la révolution » vont légiférer par ordonnance.

Bien que le coup d’État contre Ben Bella ne fût qu’un débarbouillage de la cosmétique constitutionnel qui masquait l’illégitimité d’un pouvoir dont les phases de constitution se résument à une succession de coups de force contre la souveraineté populaire. Le premier étant le fameux CNRA du Caire. Il reste que ce coup de force suscita des réactions au sein de la société. Les communistes (PCA interdit le 30 novembre 1962) et des démocrates révolutionnaires de la gauche du FLN vont se rejoindre dans la condamnation du putsch. Ils se regrouperont au sein de l’Organisation de la Résistance populaire (ORP).

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« Les yeux de Safia » ne brillent plus

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Une vie dédiée au combat, Lucette Hadj Ali est décédée

«  Les yeux de Safia » ne brillent plus

Lucette Hadj Ali
Lucette et Bachir Hadj Ali

​Lucette Larribière Hadj Ali, militante communiste algérienne vient de décéder. Son parcours a été un engagement continuel au service de sa patrie, qui suit le long court du combat pour la libération sociale et politique. Il recoupe le parcours de nombreux militants et patriotes qui, comme elle, ont tant sacrifié pour la patrie.

Elle est la fille de Jean-Marie Larribère, un pionnier de l'accouchement sans douleur qui avait sa propre clinique à Oran. Native en 1920, de cette ville de l’ouest algérien, Lucette s’installe à Alger à partir de 1942. À l’issu de ses études d’Histoire et de géographie à l’université d’Alger, elle travaille à l’Agence France-Presse, puis, à partir de 1943, à Liberté, journal hebdomadaire, du Parti communiste algérien. C’est là, qu’elle a acquière les bases du métier, sous la houlette d’une journaliste de talent, Henriette Neveu. Son travail à Liberté lui a fait découvrir toute l’horreur du système colonial. Elle va rejoindre en tant que rédactrice en chef le mensuel de l’Union des femmes d’Algérie (U.F.A), première organisation féministe dans ce pays, créée en 1944, par le PCA. Elle intégrera rapidement la direction de l’UFA où elle  approfondit sa prise de conscience politique. Elle y côtoie Alice Sportisse et Lise Oculi, les directrices successives de ce mensuel, ainsi que Gaby Gimenez-Bénichou.

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